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Mot du président

1 – INTRODUCTION
 
Le 3 octobre 2006, le gouvernement du Québec adoptait le décret numéro 875-2006 créant la Commission d’enquête sur l’effondrement d’une partie du viaduc du boulevard de la Concorde à Laval (la « Commission »). J’ai l’honneur de présider cette Commission sur laquelle siègent également messieurs Roger Nicolet et Armand Couture, dotés chacun d’une longue et solide expérience en ingénierie. La Commission est chargée « d’enquêter sur les circonstances de l’effondrement, le 30 septembre 2006, d’une partie du viaduc du boulevard de la Concorde », de « déterminer les causes qui ont entraîné cet effondrement » et de « faire les recommandations au gouvernement sur les mesures à prendre afin d’éviter que de tels événements ne se reproduisent ». Ce décret était la suite presque immédiate donnée par le Conseil des ministres à l’événement tragique survenu le 30 septembre.
 
En effet, le samedi 30 septembre 2006, vers 12 h 32, une partie du viaduc du boulevard de la Concorde s’est effondrée sur la chaussée de l’autoroute 19 à Laval. Cette catastrophe a entraîné cinq décès, causé des blessures à six personnes et laissé un tout jeune orphelin ainsi que des familles dans le deuil. Au nom des commissaires, je tiens à leur réitérer notre profonde sympathie.
 
D’entrée de jeu, un constat s’impose : ces événements n’auraient pas dû se produire. En effet, un viaduc tel celui du boulevard de la Concorde qui surplombait l’autoroute 19 est conçu et construit pour être solide comme un roc et le demeurer pendant des générations. Nous ferons une enquête rigoureuse préoccupée par la découverte des faits, des causes, de la vérité. Je souhaite qu’elle démontre que les circonstances et la chaîne de causalité de l’effondrement du viaduc de la Concorde sont peu susceptibles de se reproduire.
 
Des événements comme celui du 30 septembre sont très rares, ce qui témoigne certainement des précautions que prennent les mandataires des pouvoirs publics et les professionnels qui interviennent dans la conception, la construction, la surveillance de travaux, leur inspection et leur entretien. Ils assurent aux citoyens une paix d’esprit à laquelle ils ont droit lorsqu’ils déambulent sur ou sous nos infrastructures publiques de voirie et de transport.

 

 

2– LES EXPERTISES ET L’ENQUÊTE PRÉALABLE AUX AUDIENCES
 
La Commission s’est mise à l’œuvre dès sa création. Au cours de la semaine qui a suivi la création de la Commission, les commissaires et moi-même nous sommes rendus sur les lieux de l’effondrement et avons observé des pièces dont nous avions exigé la conservation. Nous avons également rencontré au cours des jours qui ont suivi les représentants de la Sûreté du Québec qui avaient enquêté sur les circonstances de l’événement du 30 septembre, avec ceux du ministère des Transports s’affairant à identifier et à gérer les risques sur d’autres ouvrages et nous avons dès lors commencé des consultations d’experts. Avant même la fin d’octobre, la Commission avait structuré des équipes technique et juridique. Dès le début du mois de décembre, la Commission avait complété les descriptions techniques décrivant les mandats octroyés à divers experts ou groupe d’experts pour faire la lumière sur la chaîne des causes de l’effondrement depuis la conception de l’ouvrage jusqu’au 30 septembre 2006. Bon nombre de ces mandats ont également été donnés à différents experts avant même le début de la période des fêtes 2006.
 
Par ailleurs, la Commission, par l’intermédiaire de ses procureurs, a déjà rencontré de nombreux témoins potentiels dont des personnes ayant participé à la conception, à la construction, à la surveillance des travaux, à l’inspection et à l’entretien du viaduc de la Concorde. Ces témoins ont fourni les faits dont ils ont connaissance et permis de mieux cerner les enjeux dont se saisira la Commission.
 
Enfin, la Commission s’est également lancée à la recherche de l’ensemble de la documentation pertinente tant pour les phases relatives à la conception, à la construction et à la surveillance des travaux qu’à l’inspection et à l’entretien de l’ouvrage. La Commission a ainsi requis la production de nombreux documents relatifs aux phases de conception, de construction et de surveillance des travaux. 

 

 

3 – LES AUDIENCES PUBLIQUES
 
La Commission prendra connaissance de l’ensemble de la documentation et identifiera les personnes ayant participé tant à la conception, la construction et la surveillance des travaux qu'à l'inspection et l'entretien de l'ouvrage qu'elle désire entendre. Elle procèdera à des audiences publiques dès qu’elle sera satisfaite des préparatifs à leur tenue. Lors de ces auditions publiques, la Commission recevra les rapports et entendra les témoignages de ses divers experts. Les participants et les intervenants, qui seront représentés par procureurs s’ils le désirent, pourront alors faire valoir leur point de vue à l’égard de ces rapports, témoignages et documents.
 
La Commission n’est pas un tribunal criminel ni civil. Elle est plutôt un lieu qui permettra aux citoyens de constater que tous les efforts nécessaires sont déployés pour faire la lumière sur les événements et déterminer leurs causes. Dans son rapport, la Commission fera des recommandations aux autorités publiques, notamment le ministère des Transports du Québec. Ces recommandations viseront entre autres à accroître la qualité des procédures gouvernementales reliées tant à la conception, à la construction et à la surveillance des travaux qu’à l’inspection et à l’entretien des ouvrages. La Commission espère ainsi contribuer à la saine gestion du parc des infrastructures routières du Québec et rassurer le public sur la sécurité des ponts d’étagement.
 
Nous aborderons ces audiences sans idée préconçue et rechercherons la vérité sur les événements qui se sont produits de la conception à l’effondrement. Nous aurons à l’esprit, tout au cours de nos travaux cette préoccupation primordiale que constitue la sécurité publique.
 
Les audiences publiques se dérouleront conformément aux Règles de procédure et de fonctionnement élaborées par le procureur de la Commission et son équipe et approuvées par les commissaires. Ces règles sont d’ailleurs disponibles sur ce site Internet sous la rubrique « Règles de procédure et de fonctionnement ».

 

 

4 – L’ÉQUIPE DE LA COMMISSION
 
La Commission sera assistée dans l’exécution de ses travaux par :

1. Une équipe de procureurs dirigée par Me Michel Décary, procureur chef de la Commission, secondé par Me Marie Cossette, procureur adjoint, et Me Jean-Patrice Dozois;
 
2. Une équipe technique dont la direction est assurée par Me Michel Lemoine, ing., appuyé par monsieur Paul Croteau, ing., Ph.D. et madame Christine Lacasse, ing. stag., M. Sc. A;
 
3. La Secrétaire de la Commission, Me Nicole Trudeau, nommée par le Conseil des ministres veillera au bon fonctionnement de la Commission et notamment au bon déroulement des audiences publiques ;
 
4. Monsieur Julien Lemieux soutiendra la Commission au niveau administratif et logistique.
Cette équipe permettra à la Commission de remplir son mandat avec célérité et efficacité.

 

5 - CONCLUSION
 
Les événements tragiques du 30 septembre 2006, parce qu’ils ont fait des victimes et endeuillé des familles, resteront gravés dans notre mémoire longtemps. La Commission espère que ses travaux contribueront à ce que de tels événements ne se reproduisent plus.

 

 

Le Président de la Commission

Pierre Marc Johnson

Pierre Marc Johnson

Date de la dernière modification : 13 mars 2012